Écrire des scripts vidéo qui vous ressemblent vraiment
Le script est écrit, la caméra est prête, et l'expert bute sur chaque phrase : le texte est correct, mais ce n'est pas lui. Il reformule tout en direct, les prises s'allongent, et le script fini ne sert plus à rien. Le problème n'est presque jamais la qualité de l'écriture : c'est qu'on a rédigé avant d'avoir capturé sa voix.
Cette masterclass vous fait entrer dans les coulisses de mes scripts de vidéos de cours : les six marqueurs de voix qui font qu'un texte sonne comme son auteur, puis la structure en 6 parties, dans l'ordre vivre, ressentir, comprendre. À la sortie : un script que l'expert lit une fois et enregistre sans reformuler.
Ce que cet exercice ne peut pas casser
Tout se passe sur une feuille et dans vos documents : vous n'enregistrez rien aujourd'hui, vous ne montrez rien à personne tant que vous ne le décidez pas. Au pire, vous jetez un squelette de script. Et un marqueur mal relevé se corrige en relisant le transcript : on ne peut rien casser.
Ce que vous saurez faire à la fin
- Relever les six marqueurs de voix d'un expert à partir d'un simple transcript.
- Construire le squelette d'une vidéo de cours en 6 parties, dans l'ordre vivre, ressentir, comprendre.
- Repérer en relecture ce qui trahit un script générique : idées en catalogue, analogie abandonnée, trous comblés au feeling.
- Niveau membre· le prompt prêt à coller qui extrait les marqueurs de votre matière et rédige les 6 parties d'un coup, mode interview compris.
L'ordre vivre, ressentir, comprendre : on accroche et on raconte avant d'expliquer.
Six marqueurs, six parties, zéro invention
Un script qui ne ressemble à personne se repère en une phrase lue à voix haute. La méthode tient en deux temps : d'abord la voix (six marqueurs relevés dans la matière réelle de l'expert), ensuite la structure (6 parties dans un ordre précis : vivre, ressentir, comprendre). Et une règle au-dessus de tout : rien n'est inventé. Ce qui manque dans la matière est marqué à compléter, jamais comblé au feeling.
1La matière d'abord : tout part de ce qui existedoute : « qu'est-ce qui compte comme matière ? »
Les transcripts de vos appels avec l'expert, sa fiche de contexte, l'objectif et les points de la vidéo, la durée cible, le livrable associé. C'est la seule source autorisée : un script qui ressemble à quelqu'un se construit avec ses mots à lui, pas avec des tournures plausibles. Et si vous n'avez encore rien, la méthode marche quand même : on passe en mode interview, question par question, jusqu'à récolter assez de matière pour rédiger.
2Les six marqueurs de voixdoute : « comment reconnaît-on une voix à l'écrit ? »
Avant d'écrire une ligne, relevez dans la matière : les formules d'ouverture, le niveau de langue, les types d'exemples, la présence ou l'absence de chiffres précis, le format des oppositions, la formule de clôture. Six habitudes, relevées verbatim, pas paraphrasées. Ce sont elles qui feront dire à l'expert : c'est exactement comme ça que je parle.
3Vivre : la question racine, puis l'histoiredoute : « pourquoi ne pas attaquer par le contenu ? »
Le script s'ouvre sur la question racine, celle qui met l'élève face à sa situation, puis enchaîne sur une histoire ou une analogie tirée de la matière. On fait vivre et ressentir avant de faire comprendre : c'est tout le sens de l'ordre des 6 parties. L'analogie choisie ici n'est pas décorative : elle resservira deux fois.
4Comprendre : le contenu cœur, 2 à 4 idéesdoute : « et si j'ai dix choses à dire ? »
Deux à quatre idées, pas plus, et une idée par partie : jamais de catalogue. L'analogie de la partie précédente revient ici pour porter les idées au lieu de les laisser flotter. Si une idée ne tient pas dans ce cadre, c'est qu'elle appartient à une autre vidéo.
5Le récapitulatif qui coûtedoute : « un simple résumé ne suffit pas ? »
Trois points, plus le coût de l'inaction joué en scène concrète : ce qui se passe si l'élève referme la vidéo et ne change rien. La même analogie revient une dernière fois. Un récapitulatif plat se zappe ; celui-là s'imprime.
6L'exercice, puis l'appel à l'actiondoute : « comment éviter le « à vous de jouer » creux ? »
L'exercice donne une consigne, un livrable visible, et un arc difficulté puis victoire : l'élève doit buter, puis réussir. L'appel à l'action ferme le script sur une question qui présuppose l'action, pas sur une invitation molle.
7Le garde-fou : rien d'inventé, jamaisdoute : « et si l'IA comble les trous toute seule ? »
Chaque formule, exemple ou chiffre absent de la matière devient un [À COMPLÉTER : ...] au lieu d'être inventé. Les indications de réalisation s'écrivent entre crochets : [PAUSE], [Ton affirmé], [Regard caméra]. En deux ou trois passes, les [À COMPLÉTER] disparaissent, et vous obtenez un script que l'expert lit une fois et enregistre sans reformuler.
À vous de jouer : le squelette de votre prochain script
Prenez un transcript réel de l'expert (un appel, un enregistrement) et une feuille. Trente minutes, à la main, sans IA. Cochez à mesure.
Le résultat, en 30 secondes
À partir de votre seule matière, le prompt rend un script complet : un titre, les 6 parties avec leurs intertitres, le texte à dire dans la voix de l'expert, les indications de réalisation entre crochets, et en bas la liste de ce qui reste à compléter.
Partie 2, histoire. [Ton affirmé] Le texte reprend mot pour mot une anecdote tirée de votre transcript, suivie d'un [PAUSE]. En partie 4, la même analogie revient dans le récapitulatif. Et en fin de document : [À COMPLÉTER : la formule de clôture exacte de l'expert, absente de la matière fournie].
Le prompt prêt à coller
# RÔLE Tu es rédacteur pédagogique. Tu écris des scripts de vidéos de cours pour des formations en ligne. Ton objectif unique : que l'expert lise le script et dise "c'est exactement comme ça que je parle." Tu ne t'appuies QUE sur ce que je te donne. Ce qui manque, tu me le demandes, tu n'inventes rien : aucun exemple, aucun chiffre, aucune anecdote qui ne soit pas dans ma matière. # CONTEXTE Je prépare un script de vidéo de cours pour une formation en ligne. Ma matière (si j'en ai) : [Collez ici : transcripts des appels avec l'expert, fiche de contexte, objectif et points de la vidéo, durée cible, livrable associé.]
Le prompt déroule toute la méthode d'un coup : il extrait les six marqueurs de voix de votre matière, rédige les 6 parties dans l'ordre, et marque [À COMPLÉTER] tout ce qui lui manque au lieu de l'inventer. Mode interview compris si vous partez de zéro. Laissez votre email, je vous l'envoie.
Vérifiez que c'est à vous
L'expert lit le script terminé et vous dit : « C'est bien écrit, mais ce n'est pas moi, je vais tout redire à ma façon. » Qu'est-ce qui a le plus probablement été sauté ?
D'abord avec vos mots, sans regarder les options :
Expliquez-le pour l'ancrer
En une phrase, à un confrère qui rédige ses scripts au feeling : pourquoi relever les six marqueurs de voix avant d'écrire la première ligne ? Si vous savez le dire simplement, c'est à vous.
Ce que vous savez faire maintenant
- Relever les six marqueurs de voix d'un expert dans n'importe quel transcript.
- Construire le squelette d'une vidéo de cours en 6 parties, dans l'ordre vivre, ressentir, comprendre.
- Exiger d'un script qu'il marque ses trous au lieu de les combler : aucun exemple, aucun chiffre, aucune anecdote inventés.
Un script réussi, l'expert le lit une fois et l'enregistre sans reformuler.